Panel communications 13 – Formation et compétences interculturelles en milieu de travail
Panel communications 13 – Intercultural Training and Skills at the Workplace

La recherche collaborative dans le développement d’outils d’aide à la communication interculturelle : une expérience montréalaise au sein d’une organisation parapublique

Jessica Dubé (UQÀM) (IRSST)

Daniel Côté (UdM) (IRSST)

Sylvie Gravel (UQÀM)

Dans les sociétés pluralistes, un nombre grandissant d’organisations publiques et parapubliques, ainsi que de nombreuses entreprises privées manifestent le besoin de développer des compétences interculturelles. Pendant un an, deux chercheurs ont accompagné un groupe de conseillers en réadaptation de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail du Québec (CNESST) qui voulaient améliorer leur compétence interculturelle. Cette communication présente quelques résultats préliminaires d’une étude collaborative réalisée au sein de ce groupe, dans la perspective de la co-construction d’un outil d’aide à la communication interculturelle. Pour mener à bien cette étude, un groupe de travail a été créé, ainsi qu’un comité directeur (comité de pilotage) et un groupe de validation. Cette étude, inspirée de l’approche ethnographique, utilise différents outils de collecte de données : observation-participante, focus group, journal de bord et instruments de mesure quantitatifs mesurant d’une part la progression du sentiment d’efficacité dans l’intervention en contextes pluriethniques (IES) et, d’autre part, la perception de sensibilité interculturelle (ISS) des participants, incluant les chercheurs. Située entre la recherche, l’expertise-conseil et le transfert de connaissance, cette communication discute des défis à la fois personnels, collectifs et organisationnels relatifs à cette approche et des éléments qui en ont permis la réalisation, ainsi que de ses retombées que ce projet a eues dans le milieu. À la fin de cette communication, l’auditoire comprendra mieux le processus qui a permis la construction d’un tel outil et l’ensemble de la démarche réflexive qui en constitue le socle principal.

Immigration, relations interculturelles et travail : perspectives des mouvements travaillistes au Québec

Cheolki Yoon (UQÀM)

Dans des discours scientifiques et gouvernementaux, l’immigration est conçue comme un moyen incontournable pour combler la pénurie de la main-d’œuvre dans des pays économiques développés et marqués par le vieillissement de la population. Cette conception semble se refléter dans le système d’immigration récent du Canada caractérisé par la proportion accrue de la catégorie de l’immigration économique ainsi que la croissance du nombre des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires. Ce phénomène coïncide avec la néolibéralisation de la société et la précarisation du travail et pose le défi majeur tant aux mouvements travaillistes qu’à la population (im)migrante de statut temporaire ou permanent. Compte tenu de ce contexte, cette recherche propose d’analyser des perspectives des mouvements travaillistes au Québec à l’égard des travailleuses et travailleurs (im)migrant-e-s et des relations interculturelles aux milieux de travail. Plus précisément, cette présentation interroge des obstacles identifiés et des stratégies prises par des actrices et acteurs des mouvements dans une visée de protéger les droits des travailleuses et travailleurs et d’améliorer leurs rapports de force vis-à-vis des employeur-e-s et du gouvernement. Afin d’inclure la diversité des conditions et des perspectives, la recherche se mène auprès des milieux syndiqués (centrales syndicales du Québec : la CSN et la FTQ) et non syndiqués (Centre des travailleurs et travailleuses immigrants). Dans une approche qualitative, je me dispose concrètement de trois méthodes : entrevue semi-dirigée, observation participante et analyse de texte. Sur le plan théorique, la recherche recourt à des travaux portant sur la transformation du travail (Castel, 2009 ; Standing, 2014), à la communication interculturelle (Hsab et Stoiciu, 2011) et à l’approche communicationnelle aux mouvements sociaux (proposée dans ma thèse qui est en rédaction).

 

La formation interculturelle dans le milieu du travail social en France et au Québec : une étude comparative

Ariane Le Moing (Poitiers)

L’immigration et la diversité ethnoculturelle dans les sociétés occidentales nourrissent depuis des dizaines d’années la réflexion autour des notions d’interculturalité et de vivre-ensemble. Au Québec, en dépit d’un débat persistant sur les limites du relativisme culturel, l’interculturalisme se pense autour de projets et d’actions concrètes pour favoriser l’inclusion des groupes ethnoculturels à la collectivité d’accueil. En Europe en revanche, l’orientation d’une politique ouverte de la diversité a été fortement infléchie depuis le début des années 2010. Dans le débat public en France notamment, la nécessité d’un dialogue interculturel est éclipsée par les questions d’insécurité et les postures de suspicion ou de rejet des immigrants. Dans ce contexte, les intervenants sociaux qui sont souvent les premiers à rencontrer et à accompagner les usagers issus de l’immigration au sein de la société d’accueil sont à la recherche de réponses et d’outils pratiques afin de résoudre des problèmes de communication et des obstacles divers liés à la perception de “l’autre”.

L’un des principaux objectifs de la formation interculturelle auprès de professionnels intervenant auprès de populations migrantes et réfugiées est de faire acquérir le « réflexe interculturel » qui empêche de porter tout de suite un jugement de l’autre, mais permet également un accueil plus efficace des personnes issues de l’immigration en proposant des approches théoriques et méthodologiques variées.

 Cette communication se proposera de présenter et de comparer les objectifs, les méthodes et les orientations théoriques de la formation interculturelle comme principal outil mis à la disposition d’intervenants sociaux rencontrés lors d’une enquête de terrain dans des associations et des organismes communautaires au Canada (Québec) et en France. Nous nous intéresserons également à la définition de l’interculturalité telle que proposée par ces intervenants rencontrés au cours de notre enquête.

Collaborative Research on the Development of Support Tools for Intercultural Communication: A Montreal Experience in a Parastatal Organization

Jessica Dubé (UQAM) (IRSST)

Daniel Côté (UdM) (IRSST)

Sylvie Gravel (UQAM)

In pluralist societies, an increasing number of public and parapublic institutions as well as numerous private businesses experience the need to develop intercultural competences. For a whole year, two researchers accompanied a group of rehab counsellors from the CNESST (Commission of Standards, Equity, Health and Work Safety in Quebec) who wanted to improve their intercultural competence. This presentation will show some preliminary results of a collaborative research conducted within this group in the perspective of the co-construction of a support tool for intercultural communication.
To reach this goal, a working group as well as a steering committee, and a validation group were created. Inspired by the ethnographic approach, this research uses different tools to collect data: participant observations, focus groups, journal and quantitative measuring instruments to monitor the progress of efficiency during interventions in multi-ethnic contexts (IES), and also the perception of intercultural sensitivity (ISS) of the participants, including the researchers.
At the crossroads of research, consulting, and knowledge transfer, this presentation discusses the personal, collective and organizational challenges related to this approach as well as the elements which contributed to the completion of the project, and the benefits that this research brought to the sector. At the end of this presentation, the attendees will better understand the process which led to the construction of this tool and the overall reflection which was at the heart of the project.

Immigration, Intercultural Relations and the Workplace: A Take on Labour Movements in Quebec

Cheolki Yoon (UQAM)

In governmental and scientific discourses, immigration is perceived as an indispensable means to address the shortage of labour in developed countries faced with an aging population. This perception seems to be reflected in the recent immigration system in Canada which is characterized by an increase in the proportion of economic immigration as well as in the number of male and female temporary workers. This phenomenon coincides with the implementation of a neo-liberal model of society and a growing job instability which greatly challenges both labour movements and the population of immigrants with a temporary or permanent status.
In this context, this presentation aims to analyse Quebec labour movements’ perspectives on immigrant workers and intercultural relations in the workplace. More specifically, this presentation questions identified barriers and strategies taken by members of these movements to protect the rights of workers and improve their power relations with employers and government officials.
In order to include the diversity of conditions and perspectives, this research is conducted with unionized (labour federations in Quebec: the CSN and the FTQ) and non-unionized organizations (Immigrant Workers Centre). This qualitative research approach uses three different types of data: semi-directed interviews; participant observations; and policy analysis. From a theoretical perspective, this research feeds on studies related to the transformation of work (Castel, 2009; Standing, 2014), intercultural communication (Hsab et Stoiciu, 2011) and a communicative approach to social movements (as proposed in my doctoral thesis).

Intercultural training in social work in France and Quebec: a comparative study

Ariane Le Moing (Poitiers)

For decades, immigration and ethnocultural diversity in Western societies have fostered reflection on notions of interculturality and Living Together. In Quebec, despite a persistent debate on the limits of cultural relativism, interculturalism is about the projects and concrete actions to promote the inclusion of ethnocultural groups in the host community. In Europe, on the other hand, the orientation of an open diversity policy has been strongly influenced since the beginning of the year 2010. In the public debate, particularly in France, the need for intercultural dialogue is overshadowed by insecurity issues and suspicion or rejection attitudes towards immigrants. In this context, the social workers who are often the first to meet and accompany clients with an immigrant background in the host society are looking for answers and practical tools to solve communication problems and various obstacles related to the perception of the "other".
One of the main objectives of intercultural training for professionals working with migrant and refugee populations is to acquire the "intercultural reflex" which prevents oneself from judging the other immediately and also allows for a more efficient reception of people with an immigrant background by proposing various theoretical and methodological approaches.
This paper will present and compare the objectives, methods and theoretical orientations of intercultural training as the primary tool at the disposal of social workers, met during a field survey in associations and community organizations in Canada (Quebec) and France. We will also be interested in the definition of interculturality that has been proposed by those interviewed during our survey.

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