Panel communications 2 – Politiques de gestion de la diversité au Québec
Panel communications 2 – Diversity Management Policies in Quebec

Ten years after Bouchard-Taylor: Questioning Interculturalism

Afef Benessaieh (Université TÉLUQ)

In this proposed talk, I want to discuss the case of Quebec as offering an important illustration of what interculturalism stands for and against. Like many other societies from Europe dealing with their growing ethnocultural diversity, Quebec has recently come to voice out public discourses and policies quite critical of multiculturalism. Indeed, the province never joined the federal turn for the latter since P.E. Trudeau’s speech to the House of Commons in 1971, with the more official establishment of a Canadian Multiculturalism Act in 1988. Instead, it went through other ways and means to defining its own alternative version to it. The last decade, in particular, has seen tremendous, divisive, attention to establish interculturalism as such viable alternative. Interculturalism, in these public debates, has come to be seen by many as the favorite option, especially for partisan opinion leaders and public figures wishing to reaffirm Quebec’s cultural identity as francophone, majoritarian, while menaced with soon dislocation by waves of allegedly dangerous migrants waiting to pour in. Of course these are not the only discourses and views existing in the public sphere. However, as I will show it through this talk, they have come to predominate the terms of the debates about cultural identity in Quebec. I will more specifically problematize the notion of interculturalism in three key aspects: (1) by clarifying what it is in Quebec’s current context, and in contrast to Canadian multiculturalism; (2) by documenting some of the major policy initiatives it has recently produced (the final report of Bouchard-Taylor Commission: 2007-2008; a highly divisive bill about a ‘Charter of values’ in 2012-2014; with current much debated Bill 62 on religious neutrality); (3) and by highlighting the existence of other discourses and representations of transcultural orientations which are less strident in volume in the context of Quebec, yet of real resonance in the rest of Canada.

Couverture médiatique de l’attaque terroriste de Québec : la gestion de la diversité culturelle pointée du doigt

Farrah Bérubé (UQTR)

Vicky Girard (UQTR)

Le 29 janvier, une attaque terroriste islamophobe a eu lieu dans la ville de Québec au cours de laquelle six Musulmans ont été tués. Dans la sphère médiatique, les experts, les journalistes, les intellectuels, les politiciens et le grand public ont rapidement cherché une explication à cet acte horrible. Était-ce de la faute des médias et plus spécifiquement de la radio poubelle ? Était-ce de la faute des immigrants, de leur intégration dans la société, des signes religieux ? Était-ce la faute des politiciens, des politiques de gestion de la diversité culturelle, du débat sur l’identité historique du Québec, de l’élection d’un nouveau président aux États-Unis ? Était-ce la faute des Québécois, de leur manque d’ouverture ? Était-ce à mettre sur le compte des nouvelles internationales sur l’immigration illégale, des tensions interculturelles et des attaques terroristes dans des métropoles ? Cet événement a généré dans la sphère médiatique un mélange d’opinions diverses et variées sur les causes de cet acte raciste. Quelle a été la couverture médiatique de cette histoire ? Quelles images des immigrants ont été projetées ? Quels acteurs se sont exprimés publiquement et qu’ont-ils dit sur le sujet ?


Dans cette communication, nous présenterons les résultats préliminaires d’une étude des contenus de la presse de la ville de Québec sur la période de janvier à mars 2017. Les résultats montrent que la politique de gestion de la diversité a été l’un des thèmes les plus discutés dans la sphère médiatique. De plus, la couverture de cette attaque médiatique ouvre la porte à l’étude de la médiatisation des tensions interculturelles diffusées à travers le monde et plus particulièrement dans les cas où l’horreur en est l’acteur principal.

 

Discrimination à l’embauche ? Recadrage académique de la discussion québécoise sur les taux de chômage des immigrants Nicole Gallant (INRS)

Johanna Cardona (INRS)

Cette communication s’inscrit dans un vaste chantier de recherche visant à déconstruire la façon dont le rapport du Québec aux immigrants est compris et analysé, en particulier l’amalgame trompeur qui est souvent opéré entre identité québécoise et xénophobie, voire racisme.

Face à des données montrant des taux de chômage plus élevés chez les immigrants que chez les natifs, les médias et diverses personnalités publiques tendent à accuser les entreprises (et, partant, le Québec en général) de racisme et de discrimination, et ce, généralement sans s’interroger sur les autres facteurs qui pourraient potentiellement être à l’œuvre. Ces accusations sont amplifiées par la comparaison avec les autres provinces canadiennes ; le réflexe médiatique consiste alors à décrier le repli identitaire, comme si le nationalisme était l’unique différence entre le Québec et les autres provinces. Pourtant, le taux de chômage n’est pas en soi une mesure du niveau de discrimination.

En recadrant des données tant qualitatives que quantitatives sur l’insertion en emploi des immigrants et des natifs, la communication traitera de davantage de variables que ce que font les comparaisons interprovinciales actuelles. Cette analyse académique plus fine permettra de nuancer les a priori idéologiques et normatifs derrière ces accusations, lesquelles concluent hâtivement à la discrimination à l’embauche, sans tenir compte des spécificités de la structure de l’économique québécoise (économie en grande partie basée sur les petites et moyennes entreprises) et des autres caractéristiques et facteurs de rétention de la population active locale (caractéristiques linguistiques, sentiments d’appartenance), ni des caractéristiques hétérogènes des immigrants eux-mêmes.

Dix ans après Bouchard-Taylor: l’interculturalisme en question

Afef Benessaieh (Université TÉLUQ)

Dans cette communication, je veux discuter de l’interculturalisme au Québec comme exemple important de ce qu’il représente et ce contre quoi il se positionne. Comme beaucoup d’autres sociétés européennes qui ont à gérer une diversité ethnoculturelle croissante, le Québec a récemment exprimé dans le débat et dans les politiques publiques des critiques du multiculturalisme. En effet, la province n’a jamais suivi le virage opéré par le Premier Ministre Trudeau lors de son discours à la Chambre des Communes en 1971 et la mise en place plus officielle de la Loi sur le multiculturalisme canadien de 1988. Le Québec a opté pour d’autres voies et d’autres moyens pour définir une version alternative qui lui est propre. Dans la dernière décennie en particulier, une tendance très forte et très conflictuelle s’est exprimée pour établir l’interculturalisme comme alternative viable. L’interculturalisme dans le débat public est devenu pour beaucoup l’option privilégiée, particulièrement pour les leaders d’opinion partisans et les personnalités publiques qui souhaitaient réaffirmer l’identité culturelle francophone majoritaire du Québec, menacée de désintégration par l’arrivée imminente de vagues de migrants jugés dangereux. Bien évidemment, ce ne sont pas les seuls discours et prises de positions qui existent dans la sphère publique. Toutefois, comme je le montrerai au cours de cette présentation, ces discours ont imposé les termes du débat sur l’identité culturelle du Québec. Je problématiserai plus spécifiquement la notion d’interculturalisme à partir de trois notions clés : 1) en clarifiant ce qu’il est dans le contexte québécois contemporain et en opposition au multiculturalisme canadien; 2) en documentant quelques-unes des initiatives de politiques publiques essentielles qui ont été produites récemment (le rapport final de la Commission Bouchard-Taylor en 2007-2008, un projet de loi très conflictuel sur la « Charte des valeurs » en 2012-2014 et le débat contemporain très controversé sur le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse); 3) en mettant en lumière l’existence d’autres formes de discours et de représentation d’orientation transculturelle qui sont moins audibles dans le contexte du Québec mais qui ont une plus forte résonance dans le reste du Canada.

Media coverage of Quebec terrorist attack: pointing out the management of cultural diversity

Farrah Bérubé (UQTR)

Vicky Girard (UQTR)

On January 29th, an islamophobic terrorist attack was perpetrated in Quebec city and six Muslims were killed. In the media sphere, experts, journalists, intellectuals, politicians and even the main public quickly started to search for an explanation of this horrible act. Was it the fault of the mass media and specifically the trash radio? Was it the fault of migrants, of their integration in societies, of religious signs? Was it the fault of politicians, of management of cultural diversity, of historical identity debate in the province of Quebec, of the election of a new president in USA? Was it the fault of Quebecers, of their degree of openness? Was it the fault of international news about illegal migrations, about intercultural tensions and about terrorist attacks in major cities? This event generated on the media sphere a mixed of various views on the causes of a racist act. What was the media coverage of that story? What kind of images on migrants were projected? Which groups of actors publicly spoke out and what did they expressed? This communication presents preliminary results of a content analysis of Quebec city’s press from January to March 2017. Results show that the management of cultural diversity was one of the main theme discussed in the media sphere. Also, the case of the coverage of this terrorist attack allows us to study the mediatization of intercultural tensions broadcasted all over the world and specifically when horror is the main actor.

Hiring discrimination? Academic reframing of the Quebec discussion on the immigrant unemployment rates

Nicole Gallant (INRS)

Johanna Cardona (INRS)

This communication is part of a vast research project aimed at deconstructing the way in which Quebec's relationship with immigrants is understood and analyzed, particularly the misleading amalgam that is often made between the Quebec identity and xenophobia, or even racism.

 

Faced with data showing higher unemployment rates among immigrants than among natives, the media and various public figures tend to blame companies (and hence Quebec in general) for racism and discrimination, generally without questioning the other factors that could potentially be involved. These charges are intensified by comparison with other Canadian provinces; the media then reflects on the description of the withdrawal of identity, as if nationalism was the only difference between Quebec and the other provinces. Yet, the unemployment rate is not in itself a measure of the level of discrimination.

 

By reframing both qualitative and quantitative data on the labor market integration of immigrants and natives, the communication will deal with more variables than current interprovincial comparisons. This refined academic analysis will help to qualify the ideological and normative theories behind these accusations, which hastily concluded with the discrimination in hiring, without taking into account the specific structure of Québec's economy (economy largely based on small and medium-sized enterprises) and other characteristics and retention factors of the local labor force (language characteristics, feelings of belonging), or the heterogeneous characteristics of the immigrants themselves.

Saint Mary's University, 923 Robie Street

Halifax, NS B3H 3C3 

Email: icst@smu.ca
Tel: 902-420-5810

Fax: 123-456-7890

  • White Facebook Icon

© 2018 by ICST Conference

Photos: Communications Nova Scotia, Immigration Francophone, Pier 21, Sobey School of Business