Panel communications 9 – Droits humains et services aux réfugiés
Panel communications 9 – Human Rights and Refugee Services

Complexities of disclosure for former child soldiers within the Canadian context

Dustin Johnson (Dalhousie U.)

Joëlle Badman (Dalhousie U.)

There are currently an estimated 65.6 million forcibly displaced people in the world, with 55% of them coming from just three countries: South Sudan, Syria, and Afghanistan. All three of these countries, and 11 others listed by the UN, face the use of child soldiers, and many refugees fleeing these countries are children. It is likely that many child refugees coming to Canada and other western nations are former child soldiers (FCS).

However, there is a lack of accurate data regarding the numbers or experiences of FCS migrants, due to the threats they face if they speak out. Whitman and Liebenberg (2015) write “Many of Canada’s immigration laws and policies appear to contradict [the Optional Protocol on children and armed conflict], rendering Former Child Soldiers vulnerable to the threat of prosecution and deportation.” FCS are also often subjected to stigmatization due to the violence they have played a role in perpetrating.

This threat of legal measures and stigma limits the opportunity for FCSs to talk about their experiences and therefore access services and supports to meet their unique needs. The possibility of prosecution or deportation may be an important factor impacting the integration process of FCSs into Canada. This information, likely not disclosed during assessment and intake processes for fear of prosecution, can impact the ability of service providers/educators to support FCS.

This paper explores the complexities of disclosure for FCSs within the Canadian context, and makes recommendations for policy changes that could enhance our understanding of the numbers and experiences of FCSs in Canada, as well as create positive shifts in the integration process for FCSs.

La place de la notion de droits humains dans les pratiques en travail social: le cas des demandeurs d'asile

Grace Chammas (UQO)

La communication se penche sur une exploration des pratiques en travail social qui abordent des cas de violations des droits sociaux et économiques des demandeurs d’asile. Ces violations découlent des mesures d’immigration et des politiques sociales restrictives et se traduisent par une exclusion institutionnelle des services offerts par les institutions publiques.

Depuis les trois dernières décennies, les pays occidentaux mettent en place des mesures d’immigration restrictives envers les demandeurs d’asile, pour leur interdire l’accès à leurs territoires et leur rendre difficiles les conditions d’intégration dans les pays d’accueil (Canetti, Snider, Pedersen, & Hall, 2016). Ces mesures affectent les droits sociaux et économiques des demandeurs d’asile (Watson, 2009) et induisent chez cette population des problèmes psychosociaux et des difficultés d’intégration (Oxman-Martinez, Jimenez, Hanley, & Bohard, 2007). 

La littérature consultée révèle l’importance de la place qu’occupe la notion de droits humains en travail social, mais aussi l’absence d’approches spécifiques basées sur la notion de droits. Trois concepts clés - les inégalités structurelles, le pouvoir d’agir, et le praxis - seraient essentiels à la compréhension du lien entre la notion de droits humain et du travail social et sur lesquels les pratiques se réfèrent. Notre étude examine les violations des droits sociaux et économiques en termes d’exclusion institutionnelle des services publics, que confrontent les demandeurs d’asile, tout en explorant les motivations des travailleurs sociaux à assurer les droits des demandeurs d’asile qui sont à leur charge. Les résultats de l’étude démontrent que certains travailleurs sociaux développent des interventions centrées sur la notion de droits humains qui découlent du pouvoir d’agir. D’autres s’engagent dans des pratiques structurées à partir des politiques institutionnelles publiques qui ne tiennent pas nécessairement compte de la notion de droits humains.

Réalités migratoires et pratiques cliniques transculturelles : une adaptation nécessaire

Malika Bensekhar-Bennabi (Université de Picardie Jules Verne) Marie-Rose Moro (Université Paris Descartes)

Philippe Spoljar (Université de Picardie Jules Verne)

Cette communication collective vise deux objectifs :

Décrire les transformations d'une pratique clinique qui se déroule dans la pluralité culturelle, en France,dans des lieux consacrés à la santé mentale.

Faire part des évolutions au plan des savoirs, jusqu'aux ruptures épistémologiques, en psychologieinterculturelle, ethnopsychiatrie et ethnopschanalyse, ainsi que les réajustements au plan éthique, compte tenu de ce que les flux migratoires sont en train de devenir (féminisation, conflits collectifs majeurs...).

La pratique clinique en question doit notamment faire face à des problématiques cliniques qui se posent en des termes nouveaux du fait de dynamiques humaines différentes, à cause de la diasporisation du monde (mineurs isolés non accompagnés, dépressions maternelles, dysparentalités, traumas…).

Nos pratiques se doivent de se garder d'exotiser les migrants en leur supposant des différences de logiques de pensée ou de représentations du monde. Ils sont déjà inscrits dans un processus de transformation psychique et culturelle et ne font que faire face aux fractures du monde. Pour avoir été nourris par un imaginaire forgé dans la mondialité, leur espace psychique déborde largement leur espace d'interactions sociales. Il faut alors miser sur le fait qu'ils tendent vers d'autres "possibles". Sur le plan théorique ces considérations ne peuvent que nous contraindre à concevoir sous l'angle de la mondialité la problématique de l'interculturation.

Sur le plan éthique, il nous faut notamment tenir compte du fait que les représentations des groupes majoritaires ou minoritaires se posent en termes de contre-transfert dans la relation directe aux patients. En effet, tout positionnement professionnel dans ce domaine est fortement marqué par le discours politique à l'égard des cultures et des porteurs de cultures, jusqu'à risquer de nous enfermer dans un modèle théorique défini, au détriment de la narrativité des sujets. Par conséquent, analyser nos positionnements cliniques à leur égard implique tant une analyse de ce que le discours politique produit sur les catégories de migrants, qu'une interrogation des dispositifs et des systèmes de soin et d'accompagnement social dans leur ensemble.

Cet ensemble de considération a amené les universitaires et cliniciens que nous sommes, à adapter nos pratiques, à concevoir d'autres outils, à faire évoluer nos enseignements et, au fil des réaménagements des offres de formation, à mettre en place des enseignements, séminaires et parcours spécialisés, plus adaptés aux réalités émergentes.

Les complexités des révélations pour les anciens enfants soldats en contexte canadien

Dustin Johnson (Dalhousie U.)

Joëlle Badman (Dalhousie U.)

On estime aujourd’hui à environ 65,6 millions le nombre de personnes déplacées contre leur gré dans le monde. 55% d’entre elles viennent de trois pays en particulier : le Soudan du sud, la Syrie et l’Afghanistan. Ces trois pays, ainsi que 11 autres inscrits sur la liste de l’ONU, ont recours aux enfants soldats, et bon nombre de réfugiés fuyant ces pays sont des enfants. Il est probable que beaucoup d’enfants réfugiés qui arrivent au Canada et dans d’autres pays occidentaux sont d’anciens enfants soldats.

Cependant, nous manquons de données fiables concernant le nombre et les expériences des enfants-soldats immigrants du fait des menaces qui pèsent sur eux s’ils parlent. Whitman et Liebenberg (2015) affirment qu’« un nombre important de lois et de politiques en matière d’immigration semblent contredire [le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés], rendant les anciens enfants soldats vulnérables à la menace de poursuites et d’expulsion. » Les anciens enfants soldats sont également souvent stigmatisés du fait de la violence qu’ils ont contribué à perpétrer.

La menace des mesures juridiques et de la stigmatisation limite la possibilité pour les anciens enfants soldats de parler de leurs expériences et ainsi d’avoir accès aux services et au soutien spécifiques à leurs besoins. Il est possible que la perspective de poursuites ou d’expulsion soit un facteur important influençant directement le processus d’intégration des anciens enfants soldats au Canada. Ces informations, qui ne sont probablement pas divulguées durant les processus d’évaluation et d’admission de peur des poursuites, peuvent avoir une incidence sur la capacité des prestataires de services et des éducateurs d’apporter leur soutien aux anciens enfants soldats.

Au cours de cette présentation, nous explorerons les complexités de la divulgation pour les anciens enfants soldats dans le contexte canadien et nous ferons des recommandations de changements dans les politiques susceptibles d’améliorer notre compréhension du nombre et des expériences des anciens enfants soldats au Canada et de créer un changement positif dans le processus d’intégration de ces enfants.

The Role of Human Rights in Social Work Practices: The Case Study of Asylum Seekers

Grace Chammas (UQO)

The communication focuses on the exploration of social work practices regarding cases of violations of the social and economic rights of asylum seekers. These violations stem from immigration measures and restrictive social policies and result in an institutional exclusion of the services offered by public institutions.

 

For the past three decades, Western countries have introduced restrictive immigration measures against asylum seekers, to prevent them from having access to their territories and to make integration conditions in host countries difficult (Canetti, Snider, Pedersen, & Hall, 2016). These measures affect the social and economic rights of asylum seekers (Watson, 2009) and induce psychosocial problems and integration difficulties among this population (Oxman-Martinez, Jimenez, Hanley, & Bohard, 2007).

 

The consulted literature revealed the importance of the notion of human rights in social work, but also a lack of specific approaches based on the notion of rights. Three key concepts - structural inequalities, power to act, and praxis - would be essential to understanding the link between the notion of human rights and social work and also to understand what real-life practices refer to. Our study examines the violations of social and economic rights in terms of the institutional exclusion of public services faced by asylum seekers, while also exploring the motivations of social workers to ensure the rights of asylum seekers in their care. The results of the study show that some social workers develop interventions that focus on the notion of human rights derived from the power to act. Others engage in structured practices based on public institutional policies that do not necessarily take into account the notion of human rights.

Migration realities and transcultural clinical practices: a necessary adaptation

Malika Bensekhar-Bennabi (Université de Picardie Jules Verne) Marie-Rose Moro (Université Paris Descartes)

Philippe Spoljar (Université de Picardie Jules Verne)

To describe the transformations of a clinical practice that take place in cultural diversity, in France, in places devoted to mental health.
To share the evolution of knowledge, even epistemological ruptures, in intercultural psychology, ethnopsychiatry and ethnopsychoanalysis, as well as readjustments on an ethical level, taking into account what migration flows are becoming (feminization, major collective conflicts).
The clinical practice in question must deal with new clinical problems because of different human dynamics, due to the diasporization of the world (unaccompanied individual minors, maternal depressions, dysparentalities, traumas ...).
Our practices must be careful not to exoticize immigrants by thinking that they have different thought processes or representations of the world. They are already enrolled in a process of psychological and cultural transformation and are facing the divides of the world. For having been fed by an imaginary created by globalization, their psychological space largely crowds their social interactions. It is then necessary to bet on the fact that they tend to other "possibilities". On the
theoretical level, these considerations can only force us to conceive the problem of interculturation, viewed from the angle of globalization.
On the ethical level, we must take into account the fact that the representations of majority or minority groups arise in terms of counter-transference in direct relationship to patients. Indeed, any professional positioning in this field is strongly marked by the political discourse with regard to cultures and carriers of cultures, until we risk locking ourselves into a defined theoretical model, to the detriment of the narrativity of the subjects. Therefore, analyzing our clinical positions towards them implies both an analysis of what the political discourse produces on the categories of migrants, and an interrogation of the devices and the systems of care and social support as a whole.
This set of considerations has led the academics and clinicians that we are, to adapt our practices, to develop other tools, to evolve our teachings and, while reorganizing training offers, to set up courses, seminars and specialized programs, more adapted to emerging realities.

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