Entrevue avec Jeanne-Françoise Caillaud

Bonjour Jeanne-Françoise, merci d’avoir bien voulu prendre le temps de me rencontrer aujourd’hui. Réseau Santé Nouvelle-Écosse est un des organismes importants qui travaillent avec les nouveaux immigrants et l’idée aujourd’hui est d’essayer de créer un profil de votre organisme. Alors peut-être dans un premier temps pourriez-vous vous présenter et ensuite nous parler un peu de l’historique de votre organisme ?

 

Bonjour Jean-Jacques, merci d’avoir pensé à nous. Merci de nous nommer comme un organisme important dans la région et dans la province j’espère. Je m’appelle Jeanne-Françoise Caillaud. Je suis la directrice générale de Réseau Santé depuis 2012. Pour ce qui est de notre organisme, Réseau Santé Nouvelle-Écosse est un organisme à but non lucratif qui existe réellement depuis 2001 parce que c’était un projet de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) puis s’est incorporé en 2003…  Nous sommes membres de la Société Santé en français qui est un organisme national et cet organisme chapeaute 16 réseaux à travers les provinces et les territoires du Canada.

 

Donc, nous sommes un des 16 réseaux au Canada. Notre mission, comme les autres réseaux c’est d’améliorer l’accès aux services de santé et de mieux-être en français en Nouvelle-Écosse et de promouvoir une vie saine auprès des populations acadiennes et francophones de la Nouvelle-Écosse. Nous avons donc deux buts ou objectifs. La Société Santé en français et les 16 Réseaux Santé ont la même structure. On utilise un modèle de l’Organisation mondiale de la Santé qui est le pentagramme, c’est-à-dire rassembler cinq partenaires clés au niveau de la santé pour pouvoir mener à bien cette mission : les professionnels de la santé ; les institutions de formation ; les établissements de santé (des gestionnaires de foyers de soins longue durée, d’hôpitaux) ; les autorités gouvernementales ; et la communauté.

 

On essaie de travailler avec ces cinq partenaires-là. Au niveau de notre constitution ou de notre structure au Réseau Santé, depuis 2003 nous avons un conseil d’administration parce que nous sommes un organisme à but non lucratif et nous avons trois comités régionaux : un comité pour la région du nord-est, pour la région centrale et pour la région du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Ces comités ont aussi des présidences, des vice-présidences et se réunissent trois fois par an. Tout le monde est invité à ces réunions publiques afin de connaitre et répondre au mieux aux besoins des communautés pour améliorer l’accès des services de santé en français dans ces régions.

 

Quels sont les rapports que vous entretenez avec la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse (NSHA) ?

 

Nous sommes très chanceux d’entretenir d’excellents rapports avec la Régie de la santé depuis les tout débuts du réseau et de les avoir à titre de membres hors-office sur notre conseil d’administration. Avant avril 2015, date de leur restructuration, il y avait neuf régies et neuf coordonnateurs de services en français au sein de la régie de la Nouvelle-Écosse. On travaillait avec eux. Réseau Santé organisait chaque année un forum de collaboration et on rassemblait ces neuf coordonnateurs des services en français, l’Office des affaires acadiennes, le Ministère de la Santé et du Mieux-être, le Ministère des Services communautaires et la coordonnatrice des services bilingues au centre de santé IWK. Toutes ces personnes se réunissaient une journée pour partager leurs expériences et leurs défis. Après la mise en place de la nouvelle structure en 2015, on a eu la chance de rencontrer Janet Knox et Carmelle d’Entremont, la vice-présidente ressources humaines à la Régie de la Santé qui a porté depuis avril 2015 ce dossier-là. Dès avril 2015, nous leur avons apporté des recommandations : la création d’un poste de coordination des services en français, ce qui a été fait avec Gaston Saulnier, qui a été embauché comme consultant en décembre dernier ; on recommandait aussi quatre postes à temps plein de coordination des services en français avec des personnes bilingues pour les quatre zones de la Régie et nous venons d’apprendre la nomination de quatre personnes pour les quatre zones. Ce sont des personnes bilingues qui ont toutes acceptées ces responsabilités de façon volontaire, en plus de leur travail quotidien. Ce sont de bonnes nouvelles! Gaston Saulnier reste membre hors-office sur notre conseil d’administration et en dehors de cela, on a des contacts régulièrement avec lui pour améliorer l’accès aux services de santé en français pour la population. Depuis son entrée en poste en décembre, il travaille fort à l’interne et nous avons déjà pu voir des changements positifs.

 

Concrètement, qu’est-ce que vous proposez, vous, que les services d’interprétariat et les services en français de la Régie Santé ne proposent pas ?

 

Réseau santé a créé en 2011-2012 une formation qui s’appelle « Coup d’œil sur la santé » qu’on a traduite en anglais. C’est une formation destinée aux gestionnaires, aux professionnels de la santé et aux étudiants dans le domaine de la santé, anglophone et francophone. L’objectif est de les sensibiliser à l’importance d’offrir des services de santé en français à la population y compris aux immigrants francophones. On s’est basé sur une formation d’une journée qui s’appelle Coup d’œil sur l’Acadie qui a été créé par l’Office des affaires acadiennes pour sensibiliser les fonctionnaires et qui était beaucoup offerte aux employés des hôpitaux. C’est là que nous nous sommes dits : « pourquoi ne pas s’inspirer de cette formation pour faire quelque chose de plus adapté aux gestionnaires et aux professionnels dans le domaine de la santé. Dans cette formation, il y a quatre modules et le premier comprend l’histoire des Acadiens et il y a également une partie sur les immigrants francophones basée sur des données du recensement de 2011. On attend les nouvelles statistiques de 2016 et on remettra ces informations à jour. Les trois autres modules traitent vraiment de la communication avec le patient. Ça touche les immigrants comme les Acadiens et les francophones. Il s’agit de faire prendre conscience aux professionnels et aux gestionnaires de l’importance de la culture pour mettre à l’aise le patient et prendre en considération les barrières de la langue. S’ils sont francophones, ils seront bien plus l’aise de vous parler dans leur langue maternelle. Nous avons d’ailleurs créé un lexique anglais-français pour les professionnels de la santé avec un vocabulaire basique pour avoir une discussion simple avec leurs patients.

 

En dehors des formations, est-ce qu’il y a d’autres services que vous proposez ?

 

On offre aussi toutes sortes de ressources. En version papier, nous avons créé des petits dépliants ou des guides. En 2009, on a créé un guide santé pour les nouveaux arrivants pour les informer sur la façon dont fonctionne le système de santé en Nouvelle-Écosse, sur les démarches à faire pour les régimes d’assurance-maladie, la ligne 811, le calendrier des vaccins. Ce guide avait été élaboré en collaboration avec Immigration francophone de la Nouvelle-Écosse, guide que l’on peut trouver aussi en ligne.

En 2013, nous avons aussi créé un guide sur la santé mentale et les dépendances. Il a été créé en français mais finalement c’est une publication pour l’ensemble de la population de la Nouvelle-Écosse qui devrait être traduite en anglais. Le guide est divisé en plusieurs parties selon des groupes cibles : les aînés, les adultes, les jeunes. L’idée était vraiment d’expliquer ce qu’est la santé mentale parce que c’est encore un sujet tabou.

Au niveau des ressources, vous proposez des brochures mais il me semble que vous proposez également un répertoire des professionnels francophones dans le domaine de la santé, n’est-ce pas ?

 

C’est vrai. On travaille en partenariat avec le Ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse et nous avons créé un répertoire des professionnels de la santé qui parlent français en Nouvelle-Écosse au niveau des soins primaires, les médecins, les dentistes, tous les professionnels que les Acadiens et les francophones peuvent appeler directement. Donc, normalement on ne prend pas en considération les professionnels qui travaillent dans les hôpitaux au sein de ce répertoire. On avait travaillé avec le Ministère pour que ce répertoire se retrouve sur leur site Internet et que ce soit eux qui le mettent à jour annuellement. Pour faire cela, il fallait que ce soit des professions réglementées également, donc cela ne prend pas en compte certaines professions telles que les massothérapeutes, les ostéopathes, etc. Il faut savoir que ce répertoire est fait sur une base volontaire. Il faut que les professionnels acceptent d’être sur ce répertoire.

 

Nous avons fait une campagne, nous avons fait des affiches, nous sommes passés à la radio sur les réseaux francophone et anglophone et cela nous a donné de bons résultats. On a trouvé plus de professionnels dont des massothérapeutes, des ostéopathes qui veulent bien sûr se faire connaitre et propose leurs services en français. Nous allons donc également créer un petit répertoire papier pour inclure tous les professionnels de la santé parlant français.

 

On sait que dans la région d’Halifax il y a un manque de médecins de famille, et ce n’est pas seulement pour les francophones. Nous essayons de faire de la sensibilisation auprès du ministère de la Santé et du Mieux-être et de la Régie de la Santé en insistant sur le fait qu’il est important pour les Acadiens et les francophones d’être servi dans leur langue maternelle.

 

Est-ce que vous faites de l’aide au recrutement également ?

 

Je vais vous donner un exemple concret. Le centre médical Ravine qui a cherché dès ses débuts à recruter des médecins bilingues. Ils ont travaillé en partenariat avec le Conseil communautaire du Grand-Havre (le CCGH). Le Réseau Santé a appuyé le CCGH avec un peu de financement pour sonder dans un premier temps la population et connaitre leur intérêt à recevoir des services en français. Le sondage a donné des résultats très positifs et le CCGH a ensuite continué ses démarches pour aider le centre médical à trouver un médecin.

 

Nous avons donc participé à la première étape de cette démarche de recrutement. Maintenant, il y a au moins quatre docteurs dans ce centre qui sont francophones ou francophiles.

 

On aide aussi au niveau des placements en stage d’étudiants dans le domaine de la santé.  

 

Au niveau des ressources, j’ai vu également un certain nombre de vidéos qui ont été placées en ligne et qui portent sur les expériences des francophones dans le milieu de la santé. Avez-vous participé à cette initiative ?

 

Il y a une série de 10 vidéos qui ont été créées par le Consortium national de formation en santé à l’initiative de l’Université de Moncton. Nous en utilisons d’ailleurs trois ou quatre dans notre formation Coup d’œil sur la santé parce qu’elles ouvrent vraiment les yeux sur l’expérience des patients dans leur rapport à la langue.

 

Cette année, nous avons créé une vidéo avec une professionnelle de la santé qui a travaillé au centre de santé IWK, à la Régie de la santé et dans les écoles du CSAP. Cette acadienne qui a vécu dans une famille exogame raconte son expérience personnelle et professionnelle dans une vidéo d’une quinzaine de minutes. Cette vidéo s’adresse aux professionnels de la santé qui parlent français et contribue à la discussion sur l’importance pour les professionnels qui sont bilingues d’offrir des services en français.

 

Les populations auxquelles vous offrez vos services sont des populations culturellement assez diversifiées j’imagine…

 

Oui, mais je ne sais pas si on peut dire que nous offrons vraiment des services à part les guides ou les ressources que nous créons. Notre mission est davantage de faire le lien, permettre le réseautage entre nos cinq partenaires clés ou les appuyer dans l’offre active de services de santé en français adaptée à leurs clientèles cibles. Nous existons pour assurer que des services soient disponibles pour les populations acadiennes et francophones, ce qui inclut les immigrants. Nous avons aussi plusieurs immigrants qui nous contactent de l’étranger. Ils travaillent dans des domaines de la santé, des médecins entre autres, et voudraient immigrer en Nouvelle-Écosse. Nous n’avons pas les compétences pour les aider mais nous les référons au CDÉNÉ qui a pour mission non seulement d’aider les employeurs mais également les travailleurs qualifiés souhaitant s’installer en Nouvelle-Écosse.

 

Est-ce que cette pratique de référence se passe dans le cadre du RIFNÉ ?

 

Oui, quand nous recevons des courriels tels que ceux-ci, nous les transmettons directement au CDÉNÉ. La question posée est de savoir si les habiletés des immigrants, leur compétence et leur expérience vont être reconnues par les ordres professionnels réglementaires et le CDÉNÉ au fil des années a approché quelques-uns de ces ordres. Et c’est un problème qui ne se limite pas aux étrangers. Le problème existe également de province à province au Canada. Dans le domaine de la santé, c’est assez compliqué.

 

Justement, Jeanne, j’aimerais savoir quels sont les défis que vous rencontrez au quotidien dans votre domaine ?

 

Les défis que l’on pourrait mentionner, comme je le disais précédemment, sont principalement liés à la nature de notre organisation. Réseau Santé est là pour rassembler ses partenaires – la Régie de la santé, les institutions de formation, les établissements de santé, les gestionnaires, la communauté – et travailler avec eux pour les engager à offrir des services en français et qu’ils prennent en considération l’aspect linguistique de leurs patients. Donc, pour nous les défis, c’est plus d’approcher tous ces intervenants qui offrent des services en français pour leur ouvrir les yeux finalement afin qu’ils offrent des services culturellement adaptés et dans la langue de leurs patients, cela va améliorer les soins, c’est reconnu, et par contrecoup cela va avoir des répercussions sur les coûts des services de soins dans leur ensemble. C’est cette approche axée sur la personne qui est pratiquée par la Régie et par les établissements.

Notre défi c’est que nous ne sommes pas nous-mêmes sur le terrain pour prodiguer des services de soin. On se retrouve avec les barrières du gouvernement qui change, qui se restructure au niveau de la Régie, ou au niveau du ministère. Nous sommes en ce moment en pleine période électorale… que va-t-il se passer après les résultats des élections… ? Il faut continuellement sensibiliser parce qu’il y a un roulement de personnel important à tous les niveaux.

 

Parmi nos autres défis, au niveau des organismes, nous travaillons avec le RIF qui nous permet de faire un réseautage efficace au niveau du terrain. Nous sommes bien connus de nos collègues au niveau régional et provincial. Nous travaillons beaucoup avec les clientèles cibles, les jeunes, les aînés, les femmes, les parents, les immigrants pour connaitre leurs besoins particuliers. Nous faisons intervenir régulièrement des professionnels de la santé bénévolement dans le cadre de rencontres ou d’ateliers pour parler de certains sujets qui nous ont été demandés. Cependant, la santé touche tout le monde donc c’est un sujet vaste à couvrir et parfois il est difficile de trouver les ressources humaines et matérielles en français.

 

J’imagine que les politiques que vous mettez en place sont fondées sur des savoirs qui ont été produits…

 

Ce qui nous est beaucoup demandé, surtout de la part des ministères, ce sont des données probantes ou des recherches qui vont appuyer les politiques à mettre en place. Nous n’avons pas forcément les ressources humaines ou financières pour y travailler. Nous savons que notre organisme national, la Société Services en français, travaille sur cette question depuis des années. La question est de savoir comment les régies ou les ordres réglementaires pourraient faire en sorte de colliger la langue sur toutes leurs bases de données mais il reste beaucoup de travail à faire.

 

Nous n’avons pas vraiment fait de recherches portant sur la santé en français en Nouvelle-Écosse. En mars 2015, nous avions organisé une journée de « recherches dans le domaine de la santé », on avait eu peu de chercheurs en tant que tel et le débat était tourné surtout autour des besoins de la communauté finalement.

 

En dehors de l’Université Sainte Anne avec qui vous avez mené un certain nombre de projets, est-ce que vous travaillez avec les autres universités de la région ?

 

Il y a un projet dans lequel nous sommes actuellement partenaires, qui s’appelle « Francodoc » mené par l’association des médecins francophones du Canada. Ils mènent ce projet dans les universités anglophones du Canada, parmi lesquelles l’Université Dalhousie. Ce projet créé il y a trois ans vise à trouver les étudiants francophones ou francophiles dans les facultés de médecine. À Dalhousie, cela a très bien fonctionné. Une vingtaine d’étudiants francophones et francophiles ont été trouvé grâce à ce projet. Ils ont organisé un groupe qui se rencontre tous les deux ou trois mois et ils créent un calendrier d’activités. En 2015, j’ai été invitée par ce groupe à présenter le Réseau santé mais ils font aussi des activités de mise en situation, des exercices de simulations patient-docteur en français. Ce projet, nous sommes en train de le promouvoir auprès des autres programmes d’études dans le domaine de la santé à Dalhousie.

 

Après le visionnement des capsules que je trouve très parlantes, j’aurais du mal à imaginer que les étudiants ne comprennent pas l’importance de la question linguistique…

 

 On essaie de plus en plus de créer des capsules avec des professionnels de la santé parce que même dans le sud de la Nouvelle-Écosse qui est très acadien, il y a plusieurs spécialistes qui vont encore hésiter à offrir des services en français à leurs patients parce qu’ils ne connaissent pas les termes en français. Il y en a d’autres qui ont bien compris que l’usage de la langue maternelle permet de mettre le patient à l’aise.

Notre nouvelle présidente est une infirmière spécialisée et enseignante. Elle a été enseignante sur le campus de Yarmouth pour l’Université Dalhousie. Elle travaille maintenant au NSCC. Elle offre d’elle-même notre formation à ses étudiants. Quand elle va en stage avec ses étudiants, elle leur précise que si le patient est Acadien, elle lui parlera d’abord en français et fera la traduction ensuite à ses étudiants. Les étudiants reconnaissent alors dans le comportement du patient tous les bienfaits de cette approche. Nous l’avons filmée dans sa pratique et nous allons mettre cette capsule en ligne et nous faisons également d’autres vidéos avec le Réseau santé du Yukon au niveau de la santé mentale et plus précisément de la maladie d’Alzheimer. Si tu es touché par cette maladie ou par la démence, tu vas certainement perdre ta langue seconde, en l’occurrence pour nous l’anglais. L’idée est de sensibiliser les gestionnaires, les professionnels, les bénévoles à ce fait-là.

En état de maladie, on est malade dans sa langue maternelle…

 

Jeanne, auriez-vous d’autres éléments que vous voudriez apporter à la discussion ?

 

Vous avez parlé tout à l’heure des services d’interprétation. Le Réseau Santé croit en premier lieu, en l’importance d’avoir des professionnels de la santé qui sont bilingues avant d’avoir recours à un service d’interprétation. Notre but, c’est vraiment d’appuyer ces professionnels pour qu’ils puissent donner par eux-mêmes ce service en créant des outils – des répertoires, des petits lexiques – et en reproduisant des initiatives qui marchent dans d’autres systèmes comme par exemple les cafés de Paris au Nouveau-Brunswick…

Réseau Santé - Nouvelle-Écosse
Jeanne-Françoise Caillaud
Executive Director /
Directrice générale
 

Interview of Jeanne-Françoise Caillaud

Good morning Jeanne-Françoise, thank you kindly for having taken the time to meet with me today. Réseau Santé - Nouvelle-Écosse is one of the important organizations in Halifax that works with newcomers and the idea, today, is to try and create a profile for your organization. So, maybe you could start by introducing yourself and then tell us a little bit about the history of your organization?

 

Good morning Jean-Jacques, thank you for taking us into consideration and thank you for naming us as an important organization in the region of Halifax and in the province hopefully. My name is Jeanne-Françoise Caillaud. I have been the Executive Director of Réseau Santé since 2012. When it comes to the organization, Réseau Santé - Nouvelle-Écosse is a non-for-profit organization that exists since 2001 because it was a project of the Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) and was then incorporated in 2003... We are members of the Société Santé en français which is a national organization and is the umbrella organization for 16 networks across the provinces and territories of Canada.

 

So, we are one of the 16 networks in Canada. Our mission, like the other networks, is to improve access to healthcare and wellness services in French in Nova Scotia and to promote a healthy living style among the Acadian and Francophone populations of Nova Scotia. Thus, we have two goals or objectives. The Société Santé en français and the 16 other Réseau Santé (networks) have the same structure. We use a World Health Organization model called the pentagram, i.e., we bring together five key health partners to carry out our mission: health professionals; training institutions; healthcare facilities (managers of long-term home cares, hospitals); government authorities; and the community.

 

We try to work with those five partners. In terms of our constitution or our structure at Réseau Santé, since 2003, we have a board of directors because we are a non-for-profit organization and we have three regional committees: a committee for the North-East region, for the Central region and for the South-West region of Nova Scotia. These committees also have their presidencies, vice-presidencies and meet three times a year. Everybody is invited to these public meetings in order to learn about and respond better to the needs of the communities and to improve the access to healthcare services in French in these regions.

 

What is your relationship with the Nova Scotia Health Authority (NSHA)?

 

We are very fortunate to have excellent relationships with the Health Authority since the early days of Réseau Santé and to have them as ex officio members on our board of directors. Prior to April 2015, when they were restructured, there were nine bodies and nine French Language Services Coordinators within the Nova Scotia Board. We worked with them. Every year, Réseau Santé organized a forum for collaboration and we were bringing together these nine French Language Services Coordinators, the Acadian Affairs Office, the Department of Health and Wellness, the Ministry of Community Services and the Bilingual Services Coordinator at the IWK Health Centre. All these people met for a day to share their experiences and challenges. After the establishment of the new structure in 2015, we had the opportunity to meet Janet Knox and Carmelle d'Entremont, the Vice-President of Human Resources at Nova Scotia Health Authority, who had been working since April 2015 on this issue. In April 2015, we made some recommendations to them: the creation of a French Language Services Coordinator position, which was filled by Gaston Saulnier, who was hired as a consultant last December; we also recommended four full-time French Language Coordinators positions with bilingual staff for the four areas of the Health Authority, and we have just learned about the appointment of four people for the four zones. They are bilingual people who have voluntarily accepted these responsibilities, in addition to their daily work. This is good news! Gaston Saulnier remains an ex officio member on our board of directors, and apart from that, we are regularly in touch with him to improve access to healthcare services in French for the population. Since his appointment in December, he has worked hard internally and we have already started seeing positive changes.

 

What do you exactly offer that the French Language and Interpreting Services of Nova Scotia Health Authority do not offer?

 

Réseau Santé has created a training program in 2011-2012 called "Coup d’œil sur la santé" that we translate in English (as Health Care in French at a Glance). It is a training course for managers, healthcare professionals and healthcare students, belonging to both Anglophone and Francophone communities. The objective is to make them aware of the importance of providing healthcare services in French to the population, including Francophone immigrants. It was based on a one-day training session called "Coup d’œil sur l’Acadie", which was created by the Acadian Affairs Office to raise awareness among civil servants and was widely available to hospital employees. That is why we said, "Why not learn from this training and do something more appropriate for managers and health professionals?" In this course, there are four modules and the first one talks about the history of the Acadians and a section on Francophone immigrants, based on the data from the 2011 census. We are expecting the new statistics for 2016 to update our information. The other three modules deal with how to communicate with patients. It involves new immigrants as well as Acadians and other Francophone members of the community. The aim is to make professionals and managers aware of the importance of culture, in order to make the patient feel comfortable and to take into account language barriers. If they are French-speaking, they will be much more comfortable speaking to you in their mother tongue. We have hence created an English-French lexicon for health professionals with a basic vocabulary to enable them to have a simple discussion with their patients.

 

Apart from the training programs, are there other services that you offer?


We also offer all kinds of resources. In paper format, we have created small pamphlets or guides. In 2009, we created a health guide for newcomers to provide information on how the Nova Scotia health system operates, how to set up health insurance, the 811 information line, and vaccines schedules. This guide was developed in collaboration with Immigration Francophone de la Nouvelle-Écosse, and it can also be found online.

 

In 2013, we also created a guide on mental health and addictions. It was created in French but ultimately, it is a publication for the entire population of Nova Scotia and it should be translated in English. The guide is divided into several parts according to different target groups: elders, adults, and youth. The idea was really to explain what mental health is because it is still a taboo subject.
 

In terms of resources, you have brochures, but it seems to me that you are also offering a directory of the Francophone professionals in the field of healthcare, isn't it?

 

That is true. We work in partnership with the Nova Scotia Department of Health and Wellness and we have created a directory of health professionals who speak French in Nova Scotia at the primary care level: doctors, dentists, all the professionals that Acadians and Francophone members can call directly. Normally, we do not take into consideration professionals working in hospitals in this directory. We had worked with the Department to have this directory on their website and to update it on an annual basis. It had to be regulated professions too, so it does not include certain professions such as massage therapists, osteopaths, and so on. It should be noted that this directory is made on a voluntary basis. Professionals must agree to be on this directory.
 

We did a campaign, we designed posters, we went on the radio, on Francophone and Anglophone networks, and this gave us good results. We found more professionals including massage therapists and osteopaths who want to make themselves known and offer their services in French. We will therefore also create a small paper directory to include all French-speaking health professionals.
 

We know that in the Halifax area there is a shortage of family doctors, and it is not true only for the French-speaking population. We are trying to raise awareness with the Department of Health and Wellness and the Health Authority by emphasizing on the fact that it is important for Acadians and Francophone members of the community to be provided with services in their mother tongue.

 

Do you also help with recruitment?

 

I will give you a concrete example. The Ravines Medical Centre has sought since its beginnings to recruit bilingual doctors. They worked in partnership with the Conseil Communautaire du Grand-Havre (CCGH). Réseau Santé has supported the CCGH with a little funding to initially survey the population and know about their interests in receiving services in French. The survey produced very positive results and the CCGH then continued its efforts to help the medical centre find a doctor. So, we took part in the first phase of this recruitment process. Now, there are at least four doctors in this centre who are Francophones or Francophiles.

 

We also help with student placements in the field of healthcare.

 

In terms of resources, I have also seen a number of videos that have been posted online and that focus on the experiences of the Francophone community in the healthcare system. Have you participated in this initiative?


There is a series of 10 videos on the initiative of the University of Moncton that were created by the National Consortium for Health Training. We use three or four of them in our Health Care in French at a Glance training because they really open our eyes to the experience of patients when it comes to language.

 

This year we created a video with a health professional who worked at the IWK Health Centre, the Health Authority and the CSAP schools. This Acadian who lived in an exogamous family shares her personal and professional experience in a fifteen minutes video. This video is intended for health professionals who speak French and contributes to the discussion about the importance of bilingual professionals to offer services in French.

 

The populations to which you offer your services are culturally diverse populations, I imagine...

 

Yes, but I don’t know if we can say that we really offer services other than the guides or the resources we create. Our mission is rather to connect and network with our five key partners or to support them in the active offering of French language health services tailored to their target audience. We exist to ensure that services are available to the Acadian and Francophone populations, including immigrants. We also have several immigrants who contact us from abroad. They work in healthcare, they are doctors and so on, and they want to immigrate to Nova Scotia. We do not have the credentials to help them, but we refer them to the CDÉNÉ, whose mission is not only to help employers but also skilled workers who want to settle in Nova Scotia.

 

Do you refer them to the RIFNÉ?

 

Yes, when we receive such emails, we send them directly to CDÉNÉ. The question is whether the skills of immigrants, their competencies and experiences will be recognized by the professional regulatory bodies, and the CDÉNÉ, over the years, has approached some of these regulatory bodies. And this is a problem that is not limited to foreigners. The problem also exists from province to province in Canada. In the area of healthcare, it is quite complicated.

 

Jeanne, what are the challenges you face daily in your field of work?

 

The challenges that we could mention, as I said earlier, are primarily related to the nature of our organization. Réseau Santé is here to bring together its partners - the Health Authority, training institutions, health institutions, managers and the community - and to work with them to help them provide services in French and to make them take into consideration the linguistic aspect of their patients. So, for us, the challenge is more to approach all those stakeholders who offer services in French and open their eyes so that they offer culturally appropriate services and in the language of their patients as this will improve – it is a well-recognized fact – the healthcare service provided, and consequently, this will have an impact on the costs of healthcare services as a whole. It is a person-centered approach that is practiced by the Health Authority and the institutions.

 

Our challenge is that we, ourselves, are not in the field, providing healthcare services. We find ourselves with barriers like government turnovers and changes/restructuration occurring at the level of the Health Authority, or at the level of the Department. We are now in the midst of an election... what will happen after that election...? We need to continually raise awareness because there is a high turnover of staff at all levels.

 

Among our other challenges, at the agency level, we work with the RIF that allows us to effectively network in the field. We are well known to our colleagues at the regional and provincial levels. We work extensively with target audiences, youth, elders, women, parents, and immigrants to learn about their special needs. We regularly involve health professionals on a voluntary basis through meetings or workshops to discuss some of the topics that were being asked by our customers. However, health affects everyone, so it is a vast subject to cover and sometimes it is difficult to find the human and material resources in French.

 

I imagine that the policies you put in place are based on knowledge that has been produced...

 

What is usually asked from us, especially by the Departments, is the evidence or research that will support the policies to be put in place. We do not necessarily have the human or financial resources to work on it. We know that our national organization, Société Services en français, has been working on this issue for years. The question is how the Health Authorities or regulatory bodies could make it possible to collect the language data in all their databases, but there is still a lot of work to be done. We did not really do any research on healthcare in French in Nova Scotia. In March 2015, we had organized a day titled "Research on Healthcare", and we have had a few researchers as such, and the debate was mainly focused on the needs of the community in the end.

 

Apart from Université Sainte Anne, with whom have you done projects? Do you work with other universities in the region?

 

There is a project in which we are currently partners, called Francodoc, led by the Médecins francophones du Canada association. They are leading this project in Canada's Anglophone universities, including Dalhousie University. This project, created three years ago, aims to find Francophone or Francophile students in medical schools. At Dalhousie, it worked very well. About 20 Francophone and Francophile students were found thanks to this project. They have organized a group that meets every two or three months and they have their own calendar of activities. In 2015, I was invited by this group to present Réseau Santé to them but they also do simulation exercises like doctor-patient simulations in French. We are currently promoting this project to other health programs in Dalhousie.

 

After seeing the capsules that I find very interesting, I find hard to imagine that students do not understand the importance of linguistics...

 

We are increasingly trying to create capsules with healthcare professionals because even in the southern part of Nova Scotia, which is very Acadian, there are several specialists who will still be reluctant to offer their services in French to their patients because they do not know the terms in French. There are others who have understood that the use of the patient's mother tongue makes the patient feel more at ease.

 

Our new president is a nurse specialist and a teacher. She was a teacher at the Yarmouth campus of Dalhousie University. She now works at the NSCC. She offers our own training to her students. When she goes on an internship with her students, she tells them that if the patient is Acadian, she will speak first to him/her in French and then translate the conversation to her students. The students thus recognize all the benefits of this approach in the patient's behavior. We filmed her while she was working and we are going to put this online and we are also making other videos with the Yukon Réseau Santé concerning mental health and more specifically on Alzheimer. If you are affected by this disease or dementia, you will certainly lose your second language, in our case: English. The idea is to make managers, professionals and volunteers aware of this fact. When we are sick, we are sick in our mother tongue…

 

Jeanne, do you have anything else you would like to bring to the discussion?

 

You spoke earlier about Interpreting Services. Réseau Santé believes first and foremost in the importance of having health professionals who are bilingual before using an interpreting service. Our goal is really to support these professionals so that they can provide this service themselves, by creating tools - directories, small glossaries - and by replicating initiatives that work in other systems such the cafés de Paris in New Brunswick...

Pour plus d’informations: / For more information:

www.reseausantene.ca

Saint Mary's University, 923 Robie Street

Halifax, NS B3H 3C3 

Email: icst@smu.ca
Tel: 902-420-5810

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